Quand on tombe sur un clip de Goldberg pour la première fois, la réaction est presque toujours la même : un type chauve, massif, qui traverse un adversaire en moins de deux minutes. On se demande si c’est du catch ou un accident de voiture. Pour un nouveau fan, comprendre pourquoi ce personnage déchaîne autant de passion (et de colère) demande de remonter à ce qui rendait son format unique, puis de regarder ce qui a fini par le rattraper.
Le format Goldberg à la WCW : un catcheur qui ne faisait pas de catch
Goldberg n’a jamais été recruté pour ses prises. Ancien joueur de football américain professionnel, Bill Goldberg a été repéré par la WCW pour un physique hors normes et une capacité à projeter de l’intensité brute. Son personnage reposait sur un principe simple : des matchs courts terminés par un Spear et un Jackhammer.
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Là où la plupart des catcheurs construisent un match en trois actes, avec des relances et des retournements, Goldberg écrasait ses adversaires en quelques minutes. Ce format divisait déjà en interne. Les lutteurs expérimentés voyaient un débutant propulsé au sommet sans avoir appris le métier. Le public, lui, adorait cette brutalité directe.
Sa série de victoires consécutives à la WCW reste l’un des angles de booking les plus marquants de la fin des années 1990. Chaque semaine, un adversaire tombait, et la tension montait : qui allait enfin l’arrêter ? Ce suspense mécanique a transformé un débutant en phénomène de masse.
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Goldberg et Bret Hart : la blessure qui a changé la perception
On ne peut pas expliquer Goldberg aux nouveaux fans sans parler de Bret Hart. C’est le point de bascule dans la manière dont une partie du public perçoit le personnage, et surtout l’homme derrière.
Lors d’un match à la WCW, Goldberg a porté un coup de pied mal contrôlé à la tête de Bret Hart. Ce coup a provoqué une commotion cérébrale sévère qui a contribué à mettre fin à la carrière de Hart. Pour beaucoup de fans de longue date, cet épisode cristallise le reproche principal adressé à Goldberg : un niveau technique insuffisant pour protéger ses adversaires sur le ring.
Hart lui-même a exprimé publiquement sa frustration à ce sujet pendant des années. Les retours varient sur le degré de responsabilité réelle (un ring de catch implique toujours deux participants), mais l’événement a durablement marqué la communauté. Pour un nouveau fan, c’est souvent le premier élément qu’on lui mentionne quand il demande pourquoi Goldberg divise autant.
Le « part-timer » en WWE : pourquoi les fans réguliers grincent des dents
Goldberg a quitté le catch pendant plus d’une décennie avant de revenir en WWE pour des apparitions ponctuelles. C’est là que la fracture avec le public régulier s’est creusée.
Le principe du « part-timer » fonctionne ainsi : un ancien revient pour quelques matchs par an, souvent dans des événements majeurs, et remporte des titres au détriment de catcheurs présents chaque semaine. Pour les fans qui suivent le produit toute l’année, voir un lutteur à temps partiel battre leurs favoris en deux minutes crée une frustration légitime.
- Goldberg a battu des champions en titre lors de retours surprise, parfois en quelques secondes, ce qui invalidait des mois de construction narrative pour les lutteurs réguliers.
- Son style de match restait identique : entrée spectaculaire, Spear, Jackhammer, fin. Pas de progression, pas d’adaptation au catch moderne.
- Les blessures liées à ses interventions alimentaient le reproche récurrent sur sa dangerosité, notamment auprès des catcheurs plus jeunes chargés de « vendre » ses coups.
Nic Nemeth (anciennement Dolph Ziggler en WWE) a publiquement critiqué Goldberg, le décrivant comme quelqu’un de principalement intéressé par sa propre image de force. Ce type de déclaration de la part d’un professionnel actif illustre bien la tension en coulisses.
Le match de retraite contre Gunther
Goldberg a officiellement disputé son dernier match contre Gunther lors d’un Saturday Night Main Event. Ce match, présenté comme son véritable retrait du catch télévisé, a mis un point final à la dynamique du « part-timer qui revient toujours ».
Un détail résume bien l’ambiguïté du personnage : son discours de retraite a été coupé par la diffusion. Une page s’est tournée, mais sans le point d’orgue que d’autres légendes ont eu droit. Depuis, Goldberg n’est plus intégré à aucune storyline WWE active.

Comprendre la popularité de Goldberg malgré les critiques
Un nouveau fan pourrait se demander pourquoi, malgré tout ce qui précède, Goldberg reste une figure aussi présente dans la culture catch. La réponse tient à ce que son personnage représente en dehors du ring technique.
Goldberg incarne un fantasme de catch pur : la puissance brute qui ne négocie pas. Pas de tricherie, pas de discours interminables, pas de factions compliquées. Il entre, il détruit, il sort. Ce minimalisme fonctionne auprès d’un public large qui ne suit pas le catch chaque semaine.
C’est précisément ce qui irrite les fans assidus. Deux publics coexistent autour du même personnage avec des attentes opposées :
- Le public occasionnel voit un spectacle physique impressionnant et une présence intimidante qui ne nécessite aucun contexte narratif.
- Le public régulier voit un lutteur limité techniquement, dangereux pour ses partenaires, et favorisé par le booking au détriment de talents plus complets.
- Les nostalgiques de la WCW gardent le souvenir de la série de victoires et du choc culturel qu’il a représenté face à la NWO de Hulk Hogan.
Aucune de ces lectures n’est fausse. Elles reflètent simplement des rapports différents au catch.
Goldberg en 2026 : une légende sans programme actif
Depuis son match de retraite, Goldberg n’apparaît plus dans les programmes WWE. Il n’est rattaché à aucun segment, aucun feud, aucune promotion d’événement. C’est un statut rare pour quelqu’un qui générait encore des réactions massives il y a peu.
Pour un nouveau fan qui découvre le catch aujourd’hui, Goldberg est un personnage d’archives. On tombe sur ses clips, on voit les réactions extrêmes (positives ou négatives), et on cherche à comprendre. L’explication est moins dans le palmarès que dans le format. Goldberg n’a jamais été un grand catcheur au sens technique. Il a été un concept de booking poussé à son maximum, avec les résultats spectaculaires et les dégâts que cela implique.

