County Sports Partnerships : le guide complet pour comprendre leur rôle

Les County Sports Partnerships (CSPs) désignent un réseau d’organisations locales créées en Angleterre au début des années 2000 pour coordonner le développement du sport à l’échelle des comtés. Depuis quelques années, leur appellation officielle a changé, leur périmètre s’est élargi, et leur articulation avec les politiques de santé publique a profondément modifié leur raison d’être. Ce guide détaille leur fonctionnement actuel, les mutations récentes et les questions que ce modèle soulève.

Active Partnerships : pourquoi les CSPs ont changé de nom

Depuis 2018-2019, la majorité des County Sports Partnerships en Angleterre ont été rebaptisés « Active Partnerships ». Ce changement de marque traduit un repositionnement stratégique profond.

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Le mandat initial des CSPs se concentrait sur le sport organisé : soutenir les fédérations locales (National Governing Bodies), coordonner les clubs, stimuler la participation sportive dans un périmètre géographique donné. Le nouveau périmètre dépasse largement ce cadre pour englober l’activité physique au sens large, la santé, le bien-être et la lutte contre les inégalités territoriales et sociales.

Cette distinction entre « sport » et « activité physique » n’est pas cosmétique. Elle oriente les financements, les partenariats et les publics ciblés. Un CSP classique travaillait principalement avec des clubs sportifs et des fédérations. Une Active Partnership collabore aussi avec des acteurs de la santé, des collectivités locales ou des associations communautaires qui n’ont aucun lien historique avec le sport.

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Coordinatrice sportive encadrant une jeune athlète lors d'un entraînement sur un terrain de sport public en Angleterre

Rôle des Active Partnerships dans la stratégie « Uniting the Movement »

En 2021, Sport England a publié sa stratégie nationale intitulée « Uniting the Movement ». Ce document redéfinit le rôle des ex-CSPs en les identifiant formellement comme des « system partners », c’est-à-dire des relais structurels entre les priorités nationales et le terrain local.

Les priorités assignées aux Active Partnerships dans ce cadre se déclinent autour de trois axes :

  • Cibler en priorité les populations les plus inactives, notamment dans les zones défavorisées où les taux de pratique restent les plus bas.
  • Renforcer le lien entre activité physique et santé, en travaillant avec le NHS et les dispositifs de prescription sociale (social prescribing).
  • Réduire les inégalités d’accès à l’activité physique liées au territoire, au genre, à l’origine ethnique ou au handicap.

La notion de « system partner » implique que les Active Partnerships ne sont plus de simples exécutants locaux de Sport England. Elles sont censées jouer un rôle de coordination entre des acteurs qui, sans elles, ne se parleraient pas : autorités sanitaires, écoles, employeurs, associations de quartier.

Social prescribing et santé : le terrain où les CSPs se réinventent

Depuis 2019-2020, plusieurs Active Partnerships ont développé des liens opérationnels avec les systèmes de santé locaux, notamment à travers le social prescribing. Ce dispositif permet à un médecin généraliste d’orienter un patient vers une activité non médicale (marche en groupe, jardinage, natation adaptée) plutôt que de prescrire uniquement un traitement médicamenteux.

Les Active Partnerships interviennent comme intermédiaires. Elles identifient l’offre locale d’activité physique, forment les « link workers » (agents de liaison du NHS) aux ressources disponibles, et parfois co-financent des programmes ciblés pour des publics spécifiques : personnes âgées isolées, patients en rééducation, communautés où la sédentarité est la norme.

Cette intégration avec le secteur de la santé représente un changement de culture pour des organisations historiquement tournées vers le sport compétitif. Les retours terrain divergent sur ce point : certaines Active Partnerships ont réussi à construire des partenariats solides avec les structures du NHS, tandis que d’autres peinent à dépasser le stade des déclarations d’intention.

Partenariat entre un responsable de County Sports Partnership et des élus locaux dans un bureau administratif municipal

Financement et gouvernance des County Sports Partnerships

Les CSPs ont été créés comme des organisations hébergées au sein de structures existantes : conseils de comté, collectivités locales ou universités. Ce modèle de gouvernance dit « hosted » signifie qu’elles ne disposent généralement pas de personnalité juridique propre. Leur financement provient en grande partie de Sport England.

Cette dépendance financière pose une question structurelle. Lorsque Sport England réoriente ses priorités (comme ce fut le cas avec « Uniting the Movement »), les Active Partnerships doivent s’adapter rapidement, parfois au détriment de programmes locaux déjà engagés. La marge de manœuvre pour développer des ressources propres reste limitée.

La cartographie des CSPs ne suit pas toujours les frontières administratives classiques. Certaines couvrent un seul comté géographique, d’autres regroupent plusieurs autorités unitaires ou zones métropolitaines. Cette hétérogénéité rend les comparaisons entre territoires complexes et les résultats difficiles à évaluer de manière homogène.

Limites du modèle et questions ouvertes

La question posée dès 2014 par des observateurs du secteur, « à quoi servent vraiment les County Sports Partnerships ? », n’a pas trouvé de réponse définitive avec le rebranding en Active Partnerships. Plusieurs tensions persistent.

  • Le passage du sport à l’activité physique dilue-t-il la mission initiale sans garantir de résultats mesurables sur la santé publique ?
  • Le rôle de coordination (« system partner ») reste flou dans les territoires où les Active Partnerships manquent de moyens humains pour animer réellement un réseau multi-acteurs.
  • Les données disponibles ne permettent pas toujours de mesurer l’impact direct des Active Partnerships sur les niveaux de pratique, tant les facteurs extérieurs (infrastructures, transports, précarité) pèsent lourdement.

Le réseau compte une quarantaine de structures à travers l’Angleterre. Leur efficacité dépend fortement du contexte local : qualité du leadership, densité du tissu associatif, engagement des collectivités. Un modèle qui fonctionne dans un comté rural ne se transpose pas automatiquement dans une zone métropolitaine.

Le modèle des County Sports Partnerships, devenu Active Partnerships, reflète une tendance de fond dans les politiques publiques britanniques : décloisonner le sport, la santé et l’engagement communautaire. Que cette ambition se traduise par des changements concrets pour les populations les plus éloignées de l’activité physique reste la question centrale, et elle dépend moins des structures que des moyens réels mis à leur disposition.

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